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Just it names evokes exotic travels.
The ylang-ylang blossoms in a tree with the latin name of “Cananga odorata hook”. Two names whose sounds trigger reminiscences of childhood adventures stories.
If its origins are uncertain, for perfumery it has chosen to live on a little gem of an island called Anjouan in the Comoros and in Madagascar.
In the wild, the tree has a certain allure. It can reach ten to thirty metres in height. But to enable the collection of the flowers and to allow it to last the top is cut off. The abundance and beauty of its leaves allow one to almost forget it mutilated trunk. It does not hold it against its assailants, it is elegant and flowers in abundance all year, unfailingly, giving off a delicious perfume.
The women of Anjouan and Madagascar pick its flowers throughout the year when their colour becomes yellow. It is at this moment that they give off their olfactory bouquet. They are aired, and then distilled on site right next to the plantations. In the Comoros the cultivation of the ylang-ylang is a family concern.
A strange species. Half-flower, half-leaf, it gives the impression that it has never really chosen between the two. The same hesitation for the colour. During its development it is green and only at the last stage of its maturity does it turn yellow. A radiant, tropical sun-like yellow, which hides in its centre a discreet touch of fuchsia red, like a young girl who hesitates to show she has coloured her lips.
It is its tousled looks that gives the ylang-ylang the appearance of an adolescent . It has a lack of olfactory nuances but at the same time a raw, candid force which is the privilege of youth. Like an adolescent it can also play the “femme fatale”. Naïve and touching, it seems to come straight out of a Douanier Rousseau painting.
Open, its metamorphosis is astonishing. Clumsy at first, it becomes fascinating, its form resembling, if one is not mistaken, a starfish. The proximity of the plantations to the sea is not for nothing. Between the sea and the volcanos they form a long natural ribbon…
From its tropical nature, the ylang-ylang is natural, exuberant, extravert. From the volcanoes it has inherited an explosive floral side, a source of great colours to perfumes, vivid, gay colours which give a tropical whiff to the formulae, a gay lightness which no dullness can reach.
The perfume maker’s accomplice, it does not betray him despite the presence of certain strident facets. The ylang-ylang has the capacity of no other flower to the same extent, that of melting into the perfume formulae whilst donating its great oriental richness. Like its magician spell-like name, it does not leave one insensitive.
It intoxicates us to our greatest delight!
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L’ylang-ylang, l’intrigante des Comores
Son seul nom évoque un voyage exotique.
L’ylang-ylang est une fleur qui s’épanouit sur un arbre dont le nom latin est le “Cananga odorata Hook”. Deux vocables dont les sonorités déclenchent des réminiscences de lectures d’aventures de notre enfance.
Si son origine est incertaine, pour la parfumerie elle a élu domicile à Anjouan, une île bijou des Comores, et à Madagascar.
A l’état sauvage, l’arbre a une certaine allure. Il peut atteindre dix à trente mètres de haut. Mais pour faciliter la récolte des fleurs et permettre de l’étaler dans le temps, on le mutile en lui sectionnant la tête. L’abondance de son feuillage et sa beauté font presque oublier ce tronc torturé. Elégant, il n’en tient pas rigueur à ses agresseurs et fleurit en abondance toute l’année, sans faillir, laissant flotter autour de lui un parfum délicieux.
Les femmes d’Anjouan et de Madagascar cueillent ses fleurs toute l’année, lorsque leur couleur devient jaune. C’est à ce moment qu’elles délivrent tout leur bouquet olfactif. Elles seront aérées, puis distillées sur place à proximité immédiate des plantations.
Aux Comores, l’ylang-ylang est une affaire de famille.
Étrange espèce, en fait. Mi-fleur, mi-feuille, elle donne l’impression de n’avoir pas su choisir. Même hésitation pour la couleur. Pendant toute sa croissance, elle est verte et ce n’est qu’au stade ultime de la maturité qu’elle optera pour le jaune. Un jaune solaire, éclatant, tropical, avec, cachée tout près du coeur, une tâche discrète de rouge nuancé de fuchsia, comme une jeune fille qui hésite à montrer qu’elle se maquille les lèvres.
Par ses aspects échevelés, l’ylang-ylang a des allures d’adolescente. Elle possède ce manque de nuances olfactives et en même temps cette force brute, candide, qui est l’apanage de la jeunesse. Comme l’adolescente, elle peut aussi jouer dans le registre de la femme fatale. Naïve et touchante, on la croirait tout droit sortie d’un tableau du Douanier Rousseau. Ouverte, sa métamorphose est étonnante. De maladroite, elle devient fascinante et sa forme ressemble à s’y méprendre à une étoile de mer. La proximité des plantations d’ylang-ylang avec le monde marin y est peut être pour quelque chose. Entre la mer et les volcans, elles forment un long ruban végétal.
Des tropiques, la fleur affiche une nature exubérante, extravertie. Des volcans elle a hérité un côté floral explosif qui donne beaucoup de couleurs aux parfums, des couleurs vives, gaies qui tropicalisent les formules et leurs confèrent cette gaieté légère qu’aucune grisaille ne peut atteindre.
Fleur complice du parfumeur, elle ne le trahit pas malgré la présence de certaines facettes stridentes. L’ylang-ylang a une capacité qu’aucune autre fleur ne possède à ce point, celle de se fondre dans les accords de parfum en leur abandonnant une richesse très orientale. Comme son nom aux allures de formule magique, elle ne laisse pas insensible.
Elle en use et nous enivre pour notre plus grand plaisir!




